sécheresse dans le sud de Madagascar : « Une grave crise alimentaire à craindre pour 2017 », selon la FAO

Selon les estimations indiquées par la FAO, 1,4 million de personnes sont en insécurité alimentaire dans trois régions du Sud du pays (Anosy, Androy et Atsimo-Andrefana) où les pertes agricoles dues à plusieurs années de sécheresse, auront un impact à long terme.

 

Le phénomène climatique El Niño a eu des effets inquiétants sur la production agricole dans le Sud de Madagascar où près de 850 000 personnes sont en situation de grave insécurité alimentaire parmi les 1,4 million de personnes en insécurité alimentaire. Des données issues de la dernière analyse réalisée par le cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire pour Madagascar. La situation va vraisemblablement s’accentuer et se poursuivre jusqu’en 2017, estime la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation). En effet, en raison de plusieurs années successives de sécheresse, la situation alimentaire des populations s’est sérieusement dégradée et n’est pas près de s’améliorer.

Le PAM (Programme alimentaire mondial) et la FAO interviennent sur le terrain à travers plusieurs activités d’urgence et humanitaires permettant de soulager les populations les plus vulnérables face à l’insécurité alimentaire et de relancer les activités agricoles pour la prochaine campagne. Cependant, ces agences onusiennes peinent à trouver le financement nécessaire pour renforcer et poursuivre leurs activités face à l’ampleur de la situation. Pour la FAO, en particulier, 3,8 millions de dollars sur les 22 millions nécessaires pour la mise en œuvre de ses interventions d’urgence ont pu être sécurisés à ce jour.

 

Impacts. Les conditions climatiques n’ont pas été sans conséquences sur les productions agricoles. Pour l’Androy en particulier, l’absence de pluies abondantes dans cette région, cette année, a réduit à néant les efforts déployés dans le secteur agricole. La production de maïs a chuté de 80% par rapport à 2015 où la production était déjà en baisse, tout comme la production de manioc qui a baissé de 50%. Selon un rapport conjoint du PAM (Programme alimentaire mondial) et de la FAO publié, hier, basé sur des données collectées en juillet et août 2016, il apparaît que les conditions climatiques arides des régions Atsimo-Andrefana, Boeny, Melaky, Betsiboka et Ihorombe ont affecté la production de riz, entraînant des baisses de 25% à 60% de la production dans ces régions. Au niveau national, la sécheresse dans les régions situées au sud de Madagascar a contribué à réduire la production nationale de maïs et de manioc. Pour le maïs, la production nationale pour cette année 2016 devrait atteindre 316.000 tonnes, soit une baisse de 4% par rapport à la récolte de 2015 et de 19% par rapport à la moyenne générale. Pour le manioc, la production devrait se situer autour de 2,6 millions de tonnes. Une prévision qui indique une baisse de 16% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Seule la riziculture semble avoir tiré son épingle du jeu, car a pu profiter des pluies abondantes dans les régions du centre, du nord et de l’ouest du pays, principales régions productrices de riz à Madagascar. La production nationale de paddy devrait atteindre 3,8 millions de tonnes en 2016, soit une hausse de 2,5% par rapport à l’année précédente. Ce niveau de production reste, toutefois, en baisse de 5% par rapport à la moyenne de ces cinq dernières années.

vendredi 8 avril 2016

Biogaz à Tuléar (Madagascar)

 

A la place d’un dépôt sauvage d’ordures qui jouxte le marché de Betania en plein cœur de Tulear, l’ONG allemande Welt hunger hilfe a mis en place un projet innovant de production de biogaz. 

Un biodigesteur a été construit à cet emplacement. Il est alimenté par les nombreux déchets organiques du marché qui sont digérés par des bactéries à l’abri de l’air (anaérobies) et produisent du gaz de type méthane.
Ce méthane, une fois stocké, peut être utilisé comme carburant énergétique. (1 m3 de méthane équivaut à 1,3 kg de charbon de bois ou encore 9,7kw/h d’électricité.
Enfin, les déchets des déchets non digérés par les bactéries (les digestats) constituent un excellent fertilisant pour les sols ou encore un complément alimentaire pour l’élevage.
Une boucle écologique exemplaire au profit de l’humain qui malheureusement tarde à se généraliser dans un pays à la croissance démographique exponentielle qui continue à consommer du bois de forêt de façon alarmante.

 

 

 

1 A Madagascar, 92% de la population vit avec moins de 2$ par jour.


Près de 4 millions de personnes – soit 28% de la population rurale- ont un accès insuffisant à la nourriture.

 

De fortes intempéries, des sécheresses périodiques, mais aussi des invasions de criquets compromettent la production alimentaire au sud de Madagascar. Le changement climatique risque d’exacerber ces phénomènes naturels.

 

Cette année, dans le sud du pays, les communautés devront faire face à une saison maigre encore plus longue à cause de la sécheresse: elle pourrait s’étendre de juillet jusqu’à mars, au lieu de débuter en octobre.

 

Madagascar est 4e au Classement mondial de la malnutrition chronique : 47% des enfants du pays (soit 2 millions d’enfants) souffrent d’un retard de croissance.

 

Un tiers des femmes âgées de 15 à 49 ans, ainsi que la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent d’anémie causée par une carence en fer.

 

Sur 1 000 naissances vivantes, 62 enfants ne survivent pas jusqu’à l’âge de 5 ans. Les taux de mortalités sont plus élevés dans les zones rurales.

 

Sur 100 000 femmes accouchant d’enfants vivants, près de 500 femmes meurent de complications liées à la grossesse. Des taux d’anémie élevés contribuent à cette importante mortalité.

 

Plus de 26 000 cas de tuberculose sont détectés chaque année à Madagascar. Les personnes vivant avec la tuberculose ont un risque accru de souffrir de malnutrition, qui augmente de manière significative la mortalité et la morbidité de la maladie.

 

L’espérance de vie dans le pays est de 65.2 ans. Elle est de 66.67 ans pour les femmes et de 63.77 ans pour les hommes.